10h04, départ de Grenoble, presque à l'heure. J'avais prévu de partir à 9h, mais mon sommeil a décidé autrement... Direction le Sud, pour aller remonter la vallée de la Romanche.

Une heure plus tard, première étape au Verney, et son petit lac artificiel.

Lac du Verney

Le lac du Verney

Ce lac sert de réserve à la centrale de Grand Maison (à droite sur la photo) : en période de faible consommation électrique, l'eau du lac est pompée vers un second lac situé près de 1000m plus haut, pour stocker l'excédent de production électrique. En période de pointe, elle redescend via des conduites forcée. Du Verney part une route bien connue des amateurs de cyclisme : celle qui mène au col du Glandon et à son voisin, le col de la Croix de Fer. C'est parti pour une petite heure d'ascension.

Barrage de Grand Maison

Le barrage de Grand Maison

Arrivé à 1600m, la route du Glandon croise le barrage de Grand Maison. C'est sa retenue qui alimente la centrale de Grand Maison dont je vous parlais plus haut. Le lac est surplombé par les Grandes Rousses au Sud-Est et Belledonne au Nord-Ouest.

Lac de Grand Maison et Grandes Rousses

Les Grandes Rousses derrière le lac de Grand Maison

Arrivée au col du Glandon à midi. On a vu plus désagréable comme cadre pour le déjeuner :-) Malheureusement, les nuages commencent à se multiplier...

Vue depuis le col du Glandon

Vue depuis le col du Glandon

Plutôt que de redescendre directement du Glandon, petit retour 100m en arrière pour récupérer la route qui mène au col de la Croix de Fer, situé à seulement 2.5km de là. Du sommet, on peut voir le massif des Arves et ses aiguilles.

Les Aiguilles d'Arves

Le massif des Arves depuis le col de la Croix de Fer

J'enchaîne par une longue descente vers Saint-Jean-de-Maurienne, coincé dans les échappements d'un bus.

Saint-Jean de Maurienne

Saint-Jean-de-Maurienne, au pied de la Vanoise

Il ne reste plus qu'à remonter de l'autre côté de la vallée, par le col de la Madeleine, que j'avais déjà visité dans l'autre sens il y a quelques temps.

Vue depuis le col de la Madeleine

Vue depuis le col du Glandon

Arrivée à destination après 5 bonnes heures de route. Vue de l'extérieur, la centrale de La Bâthie ne parait pas bien grande. Difficile d'imaginer qu'il s'agit là d'une centrale capable de débiter environ 550MW en pointe et dont la production annuelle suffit à couvrir tous les besoins résidentiels d'une agglomération comme celle de Grenoble.

La centrale de La Bâthie

Et pour cause : la centrale en elle même est en fait entièrement souterraine ! Depuis le bâtiment extérieur part une galerie (point de départ entouré de rouge sur la photo) de 130m de long qui mène au "bâtiment" principal de la centrale, 40m de haut et plus de 100m de long, qui abrite les 6 turbines principales de la centrale et leurs transformateurs. L'eau arrive elle aussi par des conduites souterraines* de près de 10m de diamètre, principalement en provenance du lac artificiel de Roselend. 13 km de galeries mènent à la vanne de tête, d'où part la conduite forcée menant à la centrale : 2600m de long, pour 1200m de dénivelée. De quoi assurer une pression de 120 bars à l'injection dans les turbines, entrainées par un jet d'eau qui atteint 500 km/h. De quoi faire tourner à 500 tours/minute la roue de 23 tonnes.

Un second bâtiment souterrain un peu plus petit que le premier abrite les robinets permettant de couper l'alimentation en eau de chaque groupe, ainsi qu'un septième groupe de plus faible puissance, assurant les besoins en électricité de la centrale. De ce second bâtiment part une galerie routière à deux voies, permettant à des camions d'amener du matériel à la centrale.

Après la visite, j'espérais pouvoir monter voir le barrage de Roselend, mais il est déjà 17h et il faut compter deux bonnes heures aller-retour. Tant pis, ce sera pour une autre fois. Je repars donc vers Grenoble, non sans passer par un dernier col pour la forme, le col du Grand Cucheron, dont l'ascension offre une belle vue sur le massif de la Lauzière.

La Lauzière

La Lauzière depuis la route du Grand Cucheron

Et voilà, c'est fini pour aujourd'hui ! Y a plus qu'à y retourner par une autre route pour aller voir le barrage de Roselend :-)

* j'ai découvert que les conduites souterraines EDF sont représentées sur les cartes IGN... De quoi se rendre compte que les Alpes sont en fait un vrai gruyère, traversé par des dizaines de conduits, alimentant des centrales situées à plusieurs kilomètres des prises d'eau, et elles aussi parfois souterraines.